Tesla affiche une chute de plus de 30 % sur l’année écoulée, alors même que la tech américaine continue de grimper. Entre la concurrence qui s’intensifie et l’appétit des consommateurs pour l’électrique qui ralentit, l’entreprise voit son cours boursier vaciller. Les derniers résultats trimestriels, en deçà des prévisions, n’ont fait qu’exacerber l’instabilité de l’action.
Dans ce contexte, les investisseurs s’interrogent : l’action Tesla peut-elle rebondir ? Les choix stratégiques des prochains mois pèseront lourd sur le cours et l’intérêt du titre auprès des actionnaires.
Où en est l’action Tesla après sa récente baisse en Bourse ?
Le cours bourse Tesla traverse une période agitée sur le Nasdaq, bien loin des records du S&P 500. Depuis janvier, la baisse de l’action Tesla dépasse les 30 %, alors que les indices américains continuent d’atteindre de nouveaux sommets. Les variations sur le titre sont spectaculaires : avec un bêta de 2,4, les mouvements de l’action sont deux fois plus amples que ceux du marché global.
Côté fondamentaux, la valorisation de Tesla reste sous pression. Son PER dépasse 100, un ratio largement coupé des performances opérationnelles. La marge opérationnelle a plongé à 2,1 % au premier trimestre 2025, loin des standards précédents. Tesla préfère muscler sa trésorerie plutôt que verser un dividende : 37 milliards de dollars en réserve pour une dette à long terme de 5,3 milliards.
Cette situation se traduit par des signaux contradictoires sur le cours bourse Tesla : valorisation élevée, croissance remise en cause, volatilité omniprésente. Les analystes techniques surveillent les seuils autour de 150 dollars alors que la tendance reste orientée à la baisse. L’analyse technique en bourse met en avant la fragilité du titre : la moindre déception sur les livraisons ou les marges se paie cash, mais le marché garde un œil sur la capacité de Tesla à s’adapter et à retrouver du souffle face à la concurrence.
Les facteurs majeurs derrière la chute du titre : concurrence, résultats, contexte économique
La baisse de l’action Tesla n’a rien d’un accident isolé. Plusieurs dynamiques se conjuguent : des résultats en berne, des concurrents de plus en plus agressifs et un environnement économique peu porteur.
Premier signal d’alarme : les résultats du premier trimestre 2025. Le bénéfice net s’effondre de 71 %, ne dépassant pas 409 millions de dollars. Le chiffre d’affaires fléchit de 9 %, à 19,3 milliards. Les ventes mondiales de voitures électriques reculent de 13 %. Les marchés historiques sont touchés de plein fouet : -44 % en France, -71 % en Allemagne. En Europe, la part de marché de Tesla passe de 10 % à seulement 5 % sur un an.
Ensuite, la concurrence pousse fort. BYD prend la tête du secteur au niveau mondial. Renault, Volkswagen, Citroën, SAIC (MG), NIO accélèrent et lancent des modèles qui séduisent. La gamme Model Y et Model 3 prend de l’âge, le Cybertruck ne convainc pas. Malgré les baisses de prix, les ventes continuent de s’éroder.
Enfin, le contexte social et politique ajoute un niveau de complexité. Elon Musk, figure clivante, alimente les controverses avec ses prises de position politiques, qu’il s’agisse de Trump ou de l’AfD. On assiste à des boycotts, à des actes de vandalisme, comme ces douze Tesla incendiées près de Toulouse. L’image du constructeur s’abîme, surtout en Europe, et la volatilité de l’action ne fait que s’accentuer.
Quels impacts pour les investisseurs et l’avenir de Tesla en Bourse ?
Difficile de passer à côté de la nervosité du titre. L’action Tesla affiche un bêta de 2,4, preuve que la moindre secousse sur le Nasdaq a un effet démultiplié. Pour les investisseurs, c’est une année sous tension : la valorisation reste élevée (PER au-dessus de 100) sans relais concret dans les résultats opérationnels. La rentabilité s’étiole à 2,1 % début 2025 et aucun dividende n’est à l’ordre du jour. L’intérêt pour le titre se concentre sur la capacité de Tesla à créer la surprise ou à ouvrir de nouveaux axes de développement.
La position de trésorerie est robuste, avec 37 milliards de dollars disponibles, pour une dette à long terme de 5,3 milliards. Ce matelas ne suffit pas à lever les interrogations sur la stratégie future du groupe. Les crédits carbone (2,76 milliards de dollars engrangés en 2024) et l’avantage fiscal américain sur les véhicules électriques, prévu jusqu’en septembre 2025, gonflent temporairement les comptes. Mais ces soutiens, voués à disparaître, obligent les investisseurs à rester vigilants.
L’aura d’Elon Musk joue désormais un double rôle. Autrefois atout, son image devient parfois un handicap, notamment de ce côté de l’Atlantique. Morningstar, Deutsche Bank, Forbes adoptent un ton nettement plus réservé, parfois franchement pessimiste à court terme. Si Tesla garde un noyau d’actionnaires inconditionnels, la méfiance s’installe. Les analystes voient un risque de poursuite de la correction tant que la dynamique commerciale ne repart pas.
Voici les points qui pèsent le plus dans la balance pour les investisseurs :
- Volatilité exacerbée de l’action (bêta 2,4)
- Marge opérationnelle tombée à 2,1 %
- Fin programmée des crédits d’impôt américains (septembre 2025)
- Pression sur la réputation d’Elon Musk
Perspectives d’évolution : entre incertitudes et opportunités à surveiller
Le marché attend désormais des actes forts. L’avenir de l’action Tesla dépend de la capacité du groupe à diversifier ses moteurs de croissance et à renouveler son offre. La pression concurrentielle est là, mais Tesla ne veut plus être cantonnée à l’automobile électrique. Les investissements dans l’intelligence artificielle, la robotique et le stockage d’énergie dessinent les contours d’un géant technologique multifacette.
Les investisseurs sont attentifs au développement du robot humanoïde Optimus et du service Robotaxi. Ces projets, encore en phase d’amorçage, pèsent sur la rentabilité immédiate, mais pourraient rebattre les cartes en cas de succès commercial ou de feu vert réglementaire. Côté énergie, les solutions Powerwall et Megapack séduisent toujours plus, portées par la demande en stockage et la montée des énergies renouvelables. Ce segment devient un relais de diversification, alors que la croissance sur l’automobile marque le pas.
Une question demeure : Tesla saura-t-elle concrétiser ses ambitions ? Les observateurs attendent des preuves tangibles, bien au-delà des annonces. Les prochains résultats trimestriels seront déterminants. Pour l’action, la moindre avancée ou déception sur ces nouveaux axes stratégiques sera immédiatement sanctionnée. L’enjeu est clair : transformer les grandes promesses industrielles en succès commerciaux, et donner un nouveau souffle à un titre en quête de stabilité. Qui, demain, pariera encore sur Tesla sans hésiter ?


